JEUNE PROMESSE

MARIANA PALOMINO

chez Casandra j'ai vu

l'origine de ma cécité

le bateau s'est retourné, tous tes bords

dégoulinant par les cils

sur ta chemise, ta bouche bleutée

demandant l'argent

que le fleuve a emporté

 

l'amour changé

en instinct de survie

Traduction de Mathis Berchery.

Mariana Palomino (Buenos Aires, 1978) écrit de la poésie et de la fiction. Elle est titulaire d'une licence et professeure de Lettres à l'Université de Buenos Aires et est également étudiante en Création littéraire à l'UNTREF. Elle a été formée au sein de l'atelier d'écriture narrative d'Ariel Dilon. Elle est également correctrice de livres et traductrice du portugais. Elle a publié des chroniques, des critiques et des interviews dans la revue Teatro du Complexe Théâtral (Complejo Teatral) de Buenos Aires et a pris part au cycle de lectures et performances Alta traición (« Haute trahison »), centré sur la traduction littéraire. Elle pratique les percussions africaines et brésiliennes sur son temps libre. Elle cherche la musique dans les mots.

Mathis Berchery travaille au croisement de la littérature et des arts visuels. Il est attentif aux conditions et contextes dans lesquels les expériences artistiques, poétiques et littéraires sont écrites et rendues publiques. Nourri de philosophie, éthologie et anthropologie, il ironise les habitudes humaines modernes et leurs limites, et développe une relation corporelle et tactile au texte. Diplômé des Beaux-Arts, il a intégré en 2018 le Master de création littéraire de l'université Paris 8 pour écrire les états sensationnels, livre-partition pour performance collective. En 2015 il a co-fondé le Collectif Uklukk avec Angèle Manuali, plasticienne et performeuse, avec qui il crée des évènements de poésie et performance, et des expositions in situ : Rendre. Vivant (2018), In-ouï.e (2020). En 2020, Mathis Berchery est accueilli en résidence croisée Itinéraire d'artiste(s) entre Rennes (Au bout du plongeoir), Brest (La Chapelle Dérézo) et Nantes (Les Fabriques), ainsi qu'à la Kesselhaus Anschapark à Kiel (Allemagne). Son travail a été montré notamment à Rennes au Musée des Beaux-Arts (2016), au Frac Bretagne (2020), au festival Foudre (2019) ; à Paris, à la Maison de la Poésie (2019), au Paris Art Lab (2020).