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SITUATIONS

de la ferraille amoncelée dans un coin

plusieurs rats la démembrent

une voiture rouillée avec un vieillard

dedans qui sniffe de la colle pour ne pas

se détacher.

du cellophane recouvre une lampe

allumée, la lampe unique

objet que l'on voit à l'intérieur

d'un appartement vide.

une dame avec la tête couverte

de papier aluminium verse

de l'eau aux plantes.

un panneau gigantesque couvert de mousse

et aux ampoules grillées

jouit de son ancienne euphorie

on entend : une fusillade, pop corn

qui éclate, la balle qui déchire

la peau, la bouche mâchant le pop

corn, la balle se brisant à l'intérieur

le pop corn descendant dans la gorge

ensuite survient le silence le plus terrible

interrompu après un moment par les choses

qui tombent des immeubles

et qui rebondissent en frappant le sol

UNE ANOMALIE

nous trouvons un chat mort

entouré de mouches.

nous creusons un trou dans le parc

mettons le chat dans le trou

le recouvrons de carton

et de papier journal.

nous faisons mine de prier

et restons seuls face à

la fréquence. en outre

la chair ne voulait pas céder

et s'accrochait au squelette

encore chaud

comme une ultime tentative

de perdurer. Autrement dit : cet

espoir si naïf

était quelque chose de sacré

COURT-CIRCUIT

très tard dans la nuit, un projecteur

vibre avec insistance dans une

gare désertée. mais le

projecteur n'est pas le plus important, maintenant

on peut distinguer avec plus

de clarté la gare. ce n'est pas la

même qu'il y a quelques heures

il y avait une foule en sueur, une

trompette et des cris. maintenant c'est

autre chose ; une phosphorescence

indistincte parcourt toute la

grotte. un train vide s'

arrête, quelque chose résonne à

l'intérieur. en plus du métal

dans ce vide il y a quelque chose d'actif

peut-être le type qui

reste, et qui se refuse à

retourner à son point de départ

il préfère continuer sur sa lancée.

1.1

impossible de reculer

la voiture est coincée dans une

circulation terrifiante ; peut-être que si

nous ouvrons les fenêtres

et laissons circuler la ville

la chaleur caniculaire atténuera le vacarme

et ces contours tout au fond

cesseront de trembler : cette

brève idée des immeubles

et que le flux laser qui nous transperce

se calmera. ici les

sens sont remis en question

mais il y a quelque chose de placentaire

qui se déplace avec nous

si nous arrêtons la voiture, il est

certain que nous nous enracinerons

Extraits de lo común también cruje, éd. La impresora, 2020.

QUATRE POÈMES DE

TRADUCTION DE